Une année d'écriture (presque) quotidienne et de réflexion sur la démarche que j'entreprends (produire de la matière, m'entraîner à jouer avec la langue, réécrire...).
Jeudi 12 mars
- Questionnement : j'ai l'impression que de nombreux écrivants, moi y compris, ont tendance à se raccrocher à des éléments comme la mer, le vent, le corps, les insectes morts... dans leurs textes. Qu'en retenir ? Considérer que ça appartient à un patrimoine commun, l'accepter, s'en saisir pour créer du lien ou s'en éloigner, chercher davantage de singularité ?
- Questionnement, encore : utiliser l'accumulation dans l'écriture d'un texte, ça donne du rythme, ça ouvre à la poésie, mais n'est-ce pas une forme de facilité empruntée par l'écrivant ? Choisir un seul élément de cette accumulation, le pousser, qu'est-ce que ça laisserait émerger de l'histoire ?
- Est-ce que je me pose les bonnes questions ?
- Travail du jour : début de réécriture d'un texte écrit lors de l'atelier d'écriture de François Bon mardi soir. Je ne compte pas encore en heures d'écriture, en nombre de signes. Ce serait intéressant d'essayer. Je suis en train de mettre en place une démarche de travail, de voir comment m'organiser, comment avancer.
- Lectures du jour : deux articles de presse tirés du journal Le Soir, quelques pages de Dire I de Danielle Collobert. S'agirait-il d'établir des connexions entre ce je lis et ce que j'écris ? Ou encore d'observer comment la lecture modifie, confronte, élève ma manière d'écrire, de raconter ?
Mardi 10 mars
- Il y a un temps pour les affaires du quotidien, et un temps pour s'en détacher. L'écriture appartient au second temps.
Dimanche 8 mars
- Ces dernières heures, ça bricole. Je prends un fragment, le découpe, y insère d'autres éléments, neufs ou déjà écrits, dans le but d'avoir un texte long. Combien de signes ? Sans savoir exactement quelle direction il prend. Des bribes d'idées, mais y a-t-il vraiment un point de départ, une fin envisagée, et quelle matière à l'intérieur de l'ensemble. Et l'impression de tout donner à voir, à lire dès les premiers instants. Comment déplier lentement les événements, l'histoire ?
Jeudi 5 mars
- Veiller à ne pas trop vouloir contrôler l'histoire ? Laisser une place à l'inattendu ? Accepter que l'idée de départ bifurque complètement ?
Lundi 23 février
- Constat : mes textes manquent d'interactions, d'actions. Souvent, je mets en avant une femme, toujours la même ?, elle évolue seule dans le décor, et, si occasionnellement l'un ou l'autre personnage apparaît, ce n'est jamais qu'en filigrane, sans jamais servir l'histoire, la bousculer, la percuter. Et si j'essayais d'en intégrer, de les confronter ?
Samedi 14 février
- Écrire est-ce (re)donner une place au passé dans le présent ? Pourquoi ? Construire, reconstruire, déconstruire ? Quoi ? Le passé, le présent, autre chose ?
- Cette impression, plus forte encore que d'habitude, de donner de l'espace et de l'importance aux éléments du réel : les nappes, les musaraignes, le ferrailleur à l'arrière du jardin, le manège de chevaux de bois... De m'y appuyer pour nourrir mes textes. Nouvelle étape franchie ?
Jeudi 15 janvier
- Cette année, je veux pousser l'écriture dans ses retranchements. Adopter une posture d'autrice, me positionner et être lue au-delà du réseau amical. M'affirmer. Dans cette optique, j'ai envoyé trois textes dans le cadre d'appels à textes de diverses revues. J'attends le résultat des comités de sélection, mais je suis déjà si satisfaite d'avoir franchi ce cap !
Mercredi 7 janvier
- Je répète sans cesse que je ne trouve pas ma voix, ma singularité. Une direction. Et si, au contraire, j'apprenais à apprivoiser ce qui émerge, ce qui est déjà là, une écriture du sensible, le dégueulasse, le beau, ce qui fait l'humain, et à considérer ces fragments, ces textes comme légitimes, comme matière d'un ensemble déjà en construction. Une identité. N'est-ce pas la première étape pour libérer l'écriture ?
- Critiquer mes textes publiquement, c'est cesser de donner envie aux gens de les lire, et de les regarder à leur juste valeur.
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