dimanche 4 janvier 2026

Mémoire

Il n’y a plus d’herbes folles sur les voies ferrées. Impression de campagne, un peu, on n’en savait rien. À part les sauterelles, peut-être. Elle attrape ton crâne de ses mains fripées. Se désencombre d’avoir à te faire sourire. Entends-tu encore la voix de Nina Simone au-dessus de ton hamac, et derrière le jardin, la ferraille qui fait la fière ?

Il n’y a plus de gamins sur le toboggan bleu du square. On les regardait glisser comme les matins pluvieux, les messes-basses et nos attentes. Terrains vagues. Elle pille ton crâne, le désordonne. Se désencombre d’avoir à t’entendre parler seule. Sens-tu encore parfois l’odeur de l’herbe tondue remonter jusqu’à tes narines ?

Il n’y a plus plus de chaise bancale à la terrasse de la brasserie où on buvait notre grenadine. Le va-et-vient des fous rires aux tables voisines, des deuils et des chants tziganes. Ouvertures. Elle jette ton crâne au coin. Se désencombre d’avoir à te raconter aux autres. Depuis quand ne sais-tu plus lire les étoiles ?

Texte écrit dans le cadre des ateliers d'écriture de Laura Vazquez.

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