Ce lundi 17 novembre 2025, j’ai regardé le documentaire La procuration de Sérine Lortat-Jacob. Ça a fait remonter à la surface un questionnement personnel à l’égard de mes parents, datant de cet instant où j’ai pris conscience qu'ils vieillissaient et qu’un jour ils mourront.
Que se passera-t-il ces prochaines années, de prévisible, d’imprévisible ? Mes parents garderont-il leur indépendance jusqu’à leur dernier souffle ? Seront-ils touchés par une maladie grave : Parkinson, Alzheimer, cancer inguérissable ? Quel bousculement du quotidien ? De la relation ? Quels renversements ?
Quel lien entretenir à présent ? Que vivre encore avec eux ? De neuf ? Que répéter pour ne jamais oublier, ne rien perdre de toutes ces années de vie commune sous le même toit, sous un toit différent ?
Quels bouleversements au moment de l’ultime séparation ? Quelle fragilité de l’identité ? Et cette rupture de transmission : les rituels, les tics, les mots, les souvenirs, les désaccords… De n’être pas mère. Et alors, que transmettre ? À qui ?
On bascule dans un autre monde et surtout on se dit qu’on n’a pas assez posé de questions sur leur vie avant nous …mais on vit et on sent dans chaque geste qu’ils sont encore là.
RépondreSupprimerBelle réponse. Du juste. Merci.
SupprimerAlors je vais me dépêcher à poser toutes les questions du monde à mes parents. Merci pour ton passage, ta présence Jeanne-Marie. Je t'embrasse.
SupprimerMerci, chère Annick.
SupprimerQuand ceux d'avant ne sont plus, le dernier ou la dernière... parti. Que plus personne ne peut parler de l'avoir vécu depuis le corps de qui tu étais petite. Il reste ce que le cerveau a construit de faux souvenir à regarder souvent une photo d'une Saint Nicolas, celle de la bicyclette rouge au milieu du grand salon de Bonne-Mamy. Quand plus personne au-dessus en protection dont on oublie sciemment l'illusoire. Quand, si tout ce passe bien, le prochain enterrement sera le tien. Et avant pour chacun, si tout se passe bien, apprendre à vivre sans parent. :) Si tout se passe bien...
RépondreSupprimerMerci ma chère Anne pour ton commentaire, tes mots. Je la vois cette bicyclette rouge au milieu du salon. Et ce 'apprendre à vivre sans parent', à la fois force et douleur. Merci. Ta sensibilité est précieuse Anne. Gros bisous.
Supprimer